Le rapport publié en février par Global Health Strategies, en collaboration avec la Commission de l'Union africaine, conclut que le financement ciblé de l'adaptation au climat a produit des résultats mesurables dans plusieurs pays africains. L'étude examine en détail des projets au Bénin, en Éthiopie et en Namibie et analyse comment les fonds sont orientés pour réduire les risques climatiques pour les communautés locales.
Au Bénin, le modèle Local Climate Adaptive Living Facility (LoCAL), lancé en 2014 avec le UN Capital Development Fund, a soutenu des protections contre les inondations, des systèmes d'irrigation et des variétés de cultures résilientes. Des subventions liées à la performance, gérées par le Fonds national pour l'environnement et le climat (FNEC), sont conditionnées à la transparence de la planification, à l'inclusion des femmes et des jeunes, et aux résultats de mise en œuvre. D'ici 2022, plus de US$9 million de subventions du Green Climate Fund ont permis d'étendre LoCAL à 34 communes, touchant environ 2.7 million de résidents dans des zones exposées. L'accréditation LoCAL auprès du Green Climate Fund a aussi amélioré l'accès du Bénin aux fonds internationaux, au cofinancement de la Banque africaine de développement et aux contributions des gouvernements locaux.
- Le rapport indique une réduction de 20 pour cent des pertes économiques liées aux inondations au Bénin.
- Il signale une amélioration de 15 à 25 pour cent des rendements agricoles liée à des investissements ciblés.
- En Éthiopie, le Rural Connectivity for Food Security Program (2024), financé par une subvention IDA de US$300 million et US$80 million de cofinancement de l'IFAD, a fait passer l'accès routier tout-temps de 4,200 km en 2021 à plus de 12,000 km en 2024 et l'accès au marché pour les ménages agricoles de 30 pour cent à plus de 70 pour cent, avec plus de 11.3 million de ménages bénéficiant et des pertes après récolte réduites jusqu'à 30 pour cent.
Dans la région d'Oshana en Namibie, la cartographie des risques menée par des groupes de femmes, la micro-irrigation, les essais de cultures résistantes à la sécheresse et des pratiques d'élevage ont été soutenus par un financement mixte. La représentation des femmes dans les décisions d'adaptation est passée de 40 pour cent en 2021 à 72 pour cent en 2024, et les enseignements ont alimenté le Plan national d'action sur le genre et le changement climatique.
Plusieurs experts soulignent la valeur du modèle. « Ce modèle montre que la bonne gouvernance financière peut transformer le financement climatique en résultats concrets », déclare Justin Chekoua de Forests and Rural Development. Omonlola Nadine Worou de l'International Livestock Research Institute qualifie le Bénin d'exemple réplicable, et Joseph Magloire Olinga décrit l'intégration dans les systèmes fiscaux nationaux comme « une innovation majeure ». Emmanuel Siakilo de la Commission de l'Union africaine a demandé « où le gouvernement va-t-il placer cet argent ? Nous ne voulons pas tirer à l'aveugle. » Les chercheurs notent cependant des limites et appellent à « des mécanismes plus flexibles et simples » pour faciliter l'accès aux fonds et étendre les interventions efficaces.
Mots difficiles
- adaptation — action pour réduire les effets du changement climatique
- résilient — qui garde ses fonctions malgré des difficultésrésilientes
- subvention — aide financière versée pour soutenir un projetsubventions
- cofinancement — financement partagé entre plusieurs organismes ou sources
- accréditation — reconnaissance officielle pour recevoir des fonds
- gouvernance — manière d'organiser et gérer les ressources publiques
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Que pensez-vous des conditions liées aux subventions (transparence, inclusion des femmes et des jeunes) pour garantir de bons résultats ?
- Quels obstacles restent, selon vous, pour étendre des modèles comme LoCAL dans d'autres communes ou pays ?
- Comment le cofinancement international peut-il aider ou compliquer la mise en œuvre locale des projets d'adaptation ?
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