Une nouvelle vague d'accords bilatéraux en matière de santé entre les États-Unis et des gouvernements africains attire une vive attention sur le continent. Selon le département d'État des États-Unis, quatorze pays ont signé des accords dans le cadre de l'approche « United States’ America First Global Health approach ». Ces accords associent un financement américain et des financements nationaux et imposent aux États partenaires d'augmenter leurs dépenses de santé, de notifier rapidement les flambées et d'élargir la surveillance des maladies.
Le Kenya, premier signataire d'un protocole d'accord (Memorandum of Understanding) le 4 décembre dernier, voit une partie de ces dispositions suspendue par la High Court qui a bloqué les clauses portant sur le transfert et le partage de données sanitaires sensibles. L'audience est prévue le 16 février.
Les accords précisent aussi le partage de spécimens de pathogènes, ce qui suscite une vive controverse. Allan Maleche a averti que « les données de santé sont un actif public stratégique. La manière dont elles seront gouvernées maintenant déterminera le contrôle de l'Afrique sur la politique de santé publique pendant des décennies. » Peter Waiswa a souligné que « la plupart de ce financement est basé sur la performance et très conditionnel. » Aggrey Aluso a qualifié le partage des spécimens de « la partie la plus controversée des accords » et a noté qu'une fois sortis d'un pays, il existe peu de garanties exécutoires sur leur usage ou sur les bénéfices pour les pays d'origine.
Les critiques demandent un examen législatif, des garanties exécutoires, une supervision démocratique et des approches régionales de la surveillance afin que la coopération renforce plutôt que reconfigure les institutions africaines.
Parmi les pays nommés figurent Uganda (US$2.3 billion), Kenya ($2.5 billion), Rwanda ($228 million), Nigeria ($5.1 billion), Eswatini ($242 million), Ethiopia (1.466billion), Mozambique ($1.8 billion), Ivory Coast ($937 million), Cameroon ($850 million), Lesotho ($364 million), Madagascar ($175 million), Sierra Leone ($173 million), Liberia ($176 million) and Botswana ($486 million).
Mots difficiles
- protocole d'accord — document formel qui définit une entente entre parties
- surveillance — suivi régulier d'une maladie ou d'un phénomène
- spécimen — échantillon prélevé pour analyse médicalespécimens
- pathogène — micro-organisme pouvant provoquer une maladiepathogènes
- flambée — augmentation soudaine de cas d'une maladieflambées
- exécutoire — qui peut être appliqué légalement et forcéexécutoires
- conditionnel — qui dépend de la réalisation de certaines conditions
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Que pensez-vous des conditions financières liées à ces accords (par exemple financement basé sur la performance) ? Donnez des avantages et des inconvénients.
- Quelles mesures législatives ou garanties exécutoires pourraient protéger les pays africains contre des usages problématiques des données et spécimens ?
- Comment une approche régionale de la surveillance pourrait-elle renforcer les institutions de santé en Afrique ?
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