Les services d'eau et d'électricité à Madagascar sont fragilisés par des installations endommagées, des niveaux d'eau bas pendant la saison sèche et des barrages qui ne fonctionnent pas bien. La société publique Jirama, responsable de la production et de la distribution pour 30 million résidents, a vu le service se dégrader, ce qui provoque des coupures longues et des files d'attente pour de petites quantités d'eau, notamment à Antananarivo.
En septembre 2025, le mouvement nommé «Leo Delestage» a mobilisé des milliers de personnes via les réseaux sociaux pour réclamer un accès fiable à l'eau et à l'électricité. Le 25 septembre, malgré l'interdiction d'une manifestation à Ambohijatovo, de nombreux manifestants se sont rassemblés. Des témoins rapportent l'usage de gaz lacrymogènes, des arrestations et une forte présence policière. La situation a empiré la nuit avec des pillages et des actes de vandalisme visant supermarchés, centres commerciaux et banques; plusieurs incendies ont été déclenchés.
Le chef de la police de la région Analamanga, Angelo Ravelonarivo, a instauré un couvre-feu de 19 h à 5 h. Les bilans sont contradictoires: un passage évoque au moins six morts lors d'échauffourées avec la police, un autre mentionne au moins cinq morts, dont deux enfants. Le 26 septembre, un étudiant de la province d'Antsiranana a été atteint par balle et tué; une vidéo de l'attaque, enregistrée par Fit Prod-Action, a été diffusée par KOLO TV et ses camarades ont porté le corps au centre-ville.
Les réseaux sociaux et les réseaux professionnels ont relayé de fortes réactions: vidéos et images ont circulé, et des influenceurs ont obtenu la libération d'une manifestante nommée Alissa après son arrestation. Des publications, notamment sur LinkedIn par Lalaina Minah Ranaivomanana et Santatra Rakotovao, décrivent les pertes et demandent que des observateurs des droits humains suivent la situation. Le 27 septembre, le président Andry Rajoelina a démis le ministre de l'Énergie Olivier Jean Baptiste, mais les manifestants estiment qu'un simple remaniement ministériel ne suffit pas. Il n'est pas encore clair quelles seront les prochaines étapes des autorités ou des leaders du mouvement pour résoudre les problèmes plus larges de défaillance des services, de sécurité publique et de responsabilité.
Mots difficiles
- fragiliser — rendre moins stable ou moins résistantfragilisés
- installation — équipements ou structures fixes pour un serviceinstallations
- barrage — grand ouvrage qui retient l'eaubarrages
- coupure — interruption temporaire d'un service publiccoupures
- manifestation — rassemblement public pour exprimer une revendication
- gaz lacrymogène — produit chimique provoquant larmes et irritationgaz lacrymogènes
- pillage — vol violent et désordre lors d'une manifestationpillages
- couvre-feu — interdiction de sortir à certaines heures
- remaniement ministériel — changement de ministres dans le gouvernement
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Pourquoi, d'après le texte, les manifestants estiment-ils qu'un simple remaniement ministériel ne suffit pas ? Donnez des exemples tirés de l'article.
- Quelles mesures concrètes pourraient, selon vous, améliorer l'accès à l'eau et à l'électricité à Madagascar, en tenant compte des problèmes mentionnés dans le texte ?
- Comment les réseaux sociaux ont-ils influencé le déroulement des événements ? Parlez des effets positifs et négatifs évoqués dans l'article.
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