Une tude publiée dans JAMA Network Open montre un lien entre l9usage de médecines complémentaires et alternatives (MCA) et une survie réduite chez des patientes atteintes du cancer du sein. La premire auteure, Oluwaseun Ayoade, interne la Yale School of Medicine, a lanc l9analyse aprs avoir rencontr le cas dune patiente qui avait choisi des traitements alternatifs au lieu de thrapies prouves.
L9quipe a utilis le National Cancer Database, qui recense environ 70% des nouveaux diagnostics de cancer aux États-Unis, et a analys plus de deux millions de dossiers. Les chercheurs ont compar les patientes ayant reu uniquement des traitements traditionnels (chirurgie, chimiothrapie, hormonothrapie et radiothrapie) celles ayant recouru au moins un type de MCA.
Les rsultats sont nets : les patientes traites seulement par MCA avaient une mortalit 3,7 fois suprieure celle des patientes traites uniquement de manire traditionnelle, soit prs de quatre fois plus de risque de dcs cinq ans. Le groupe qui combinait MCA et traitements classiques prsentait galement une mortalit plus leve9e, 1,4 fois suprieure (40% de risque en plus) cinq ans.
Daniel Boffa a not qu9il n9tait pas surprenant que l9absence de traitements traditionnels entrane des rsultats pires, mais il a t surpris que le groupe combin fasse aussi pire alors que certaines tudes suggrent que les MCA peuvent rduire les effets secondaires. Une analyse plus pousse9e a montr que les patientes combinant MCA omettaient souvent la radiothrapie et les traitements endocriniens, ce qui a probablement contribu la survie plus faible. Les chercheurs ont aussi soulign que peu de patientes avaient inform leurs quipes de soins de leur intention d9utiliser une thrapie alternative, de sorte que les usages non dclars n9apparaissent pas dans les dossiers.
Les auteurs recommandent que patientes et quipes mdicales discutent franchement de toutes les options pour valuer les risques et les bnfices et choisir la meilleure voie pour chaque cas.
Mots difficiles
- alternative — option de traitement non conventionnellealternatives
- mortalité — nombre de morts dans un groupe donnémortalit
- survie — durée pendant laquelle les patients vivent
- omettre — ne pas dire ou ne pas inclure quelque choseomettaient
- radiothérapie — traitement du cancer par rayonsradiothrapie
- endocrinien — qui concerne les hormones et glandesendocriniens
- recenser — noter ou enregistrer des cas ou donnéesrecense
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Comment les équipes médicales peuvent-elles encourager les patientes à parler de l'utilisation des MCA ?
- Quels risques l'omission de la radiothrapie ou des traitements endocriniens fait-elle courir aux patientes, selon l'article ?
- Pensez-vous qu'il soit possible d'intégrer certaines pratiques complémentaires aux traitements classiques ? Pourquoi ou pourquoi pas ?
Articles liés
Dose réduite de chimiothérapie aide les très âgés atteints de lymphome
Une étude montre que des patients de 80 ans et plus atteints d’un lymphome courant peuvent souvent être guéris ou vivre plus longtemps avec une dose réduite de chimiothérapie, tout en ayant moins d’effets secondaires.
Perturbation des rythmes circadiens et cancer du sein
Des chercheurs du Texas A&M montrent que des perturbations répétées de l’horloge circadienne modifient le tissu mammaire et affaiblissent l’immunité, entraînant un cancer du sein plus précoce et plus agressif dans des modèles expérimentaux.
Des anticorps modifiés contre le cytomégalovirus
Des chercheurs ont créé des anticorps modifiés qui empêchent le cytomégalovirus humain (HCMV) de bloquer les réponses immunitaires. En laboratoire, ces anticorps ont réduit la propagation virale, mais des essais cliniques restent nécessaires.
La Tanzanie lutte contre la rage par la vaccination canine
La rage reste un grave problème en Tanzanie, où environ 1,500 personnes meurent chaque année. Des campagnes de vaccination des chiens, des solutions pour la chaîne du froid et un soutien international donnent de l'espoir pour réduire les décès d'ici 2030.
Monocytes et douleur : pourquoi les femmes souffrent plus longtemps
Des chercheurs ont trouvé que des monocytes produisant l’interleukine‑10 (IL‑10) sont plus actifs chez les hommes. Cette différence liée aux hormones pourrait expliquer pourquoi la douleur chronique dure plus longtemps chez les femmes.