Une étude de découverte publiée dans le Journal of Gerontology: Biological Sciences a analysé les effets d'une restriction calorique sur le muscle squelettique de rats âgés de 24 mois. Pendant huit semaines, les animaux ont reçu 35% moins de nourriture. Les chercheurs ont quantifié les changements de phosphorylation des protéines, une modification chimique qui peut modifier l'activité protéique, et ont mesuré la captation du glucose par le muscle en réponse à l'insuline.
La restriction calorique a amélioré la captation du glucose stimulée par l'insuline dans les deux sexes, mais les femelles présentaient une captation plus élevée que les mâles, quelle que soit l'alimentation. L'insuline a modifié la phosphorylation sur plus de deux fois plus de sites chez les femelles que chez les mâles, et 60 sites étaient communs aux deux sexes. En revanche, la restriction calorique a entraîné environ 30% de sites phosphorylés en plus chez les mâles que chez les femelles.
Les auteurs interprètent ces résultats comme l'utilisation de stratégies moléculaires internes différentes pour atteindre un même résultat fonctionnel: un meilleur métabolisme du sucre par le muscle. Ils ont identifié deux protéines, Lmod1 et Ehbp1l1, dont des sites de phosphorylation sensibles à l'insuline se corrélent avec la captation du glucose entre individus; ces protéines ont des associations génétiques connues avec des caractéristiques glycémiques humaines et pourraient constituer des cibles thérapeutiques.
Dans une expérience connexe, l'équipe a mesuré environ 1 000 métabolites: environ 40% ont changé avec la restriction calorique au sein de chaque sexe. L'étude a été financée par les National Institutes of Health et l'Australian Research Council, avec des coauteurs de l'University of Michigan, de l'University of Sydney, de l'University of Cambridge et du Royal Children's Hospital.
Mots difficiles
- restriction calorique — réduction planifiée de la quantité de nourriture
- phosphorylation — ajout d'un groupe phosphate à une protéine
- captation — absorption ou entrée d'une substance par un tissu
- insuline — hormone qui favorise l'entrée du glucose dans cellules
- métabolite — petite molécule formée et utilisée par le métabolismemétabolites
- corréler — présenter une relation statistique entre deux variablesse corrélent
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Pourquoi, selon vous, les femelles présentaient une captation du glucose plus élevée que les mâles, malgré la même alimentation ?
- Quels avantages et quelles limites voyez-vous à cibler des protéines comme Lmod1 et Ehbp1l1 pour traiter des troubles glycémiques ?
- Comment les résultats d'une restriction calorique chez des animaux âgés pourraient-ils influencer des recommandations pour la santé des personnes âgées ?
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