L’épidémie transfrontalière d’Ebola liée à la rare souche Bundibugyo a conduit l’OMS à déclarer une urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai, après la confirmation de cas à Kampala et des signes de propagation depuis la province d’Ituri en RDC. La souche Bundibugyo ne bénéficie d’aucun vaccin ni traitement approuvé, ce qui complique la riposte.
Au 16 mai, l’OMS signalait huit cas confirmés en laboratoire, 246 cas suspects et 80 décès suspects en Ituri. Deux voyageurs en provenance de RDC ont été testés positifs à Kampala; l’un, un Congolais de 59 ans, est décédé le 14 mai. Le premier cas suspect connu concernait un professionnel de santé à Bunia qui a présenté des symptômes le 24 avril; Ebola a été confirmé le 15 mai. Pendant les trois semaines qui séparent ces dates, quatre agents de santé sont morts, le virus a atteint Kampala et une personne infectée s’est rendue à Goma. Les tests Xpert initiaux étaient négatifs, mais le séquençage génomique a identifié Bundibugyo, et l’OMS avertit que l’épidémie est probablement plus étendue que les cas rapportés, en raison d’un taux de positivité élevé des premiers échantillons, d’une augmentation des signalements syndromiques et de grappes de décès communautaires.
Face à cette situation, l’Ouganda a activé sa réponse nationale et déployé des équipes de dépistage, de surveillance et d’intervention rapide aux points d’entrée officiels et non officiels, installé un laboratoire mobile et utilise le système d’information eCommunity pour centraliser les alertes. Les équipes de recherche des contacts ont identifié 103 contacts, suivis quotidiennement pendant 21 jours. Le président Yoweri Museveni a reporté les célébrations du 3 juin mais a maintenu la frontière ouverte; l’OMS déconseille les fermetures, qui risquent de déplacer les déplacements vers des voies informelles difficiles à surveiller.
Au plan international, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a émis la déclaration PHEIC sans réunir de comité d’urgence. Jean Kaseya d’Africa CDC a affirmé être « en mode panique » face au manque de médicaments et a appelé à un soutien international rapide. Africa CDC discute avec des entreprises en Égypte et en Inde au sujet de diagnostics, de vaccins et de traitements expérimentaux, et a demandé US$2 million pour construire une usine d’équipements de protection individuelle. Helen Clark a souligné l’urgence d’accroître la capacité diagnostique et la solidarité internationale. MSF estime la létalité de Bundibugyo entre 25 et 40 pour cent et rappelle que cette souche n’a provoqué que trois flambées documentées depuis 2007.
Mots difficiles
- transfrontalière — qui concerne plusieurs pays voisins
- souche — variante d’un virus ou d’une bactérie
- riposte — action organisée pour combattre une maladie
- séquençage génomique — analyse des gènes d’un virus
- taux de positivité — proportion d’échantillons avec résultat positif
- dépistage — vérifier qui a la maladie dans une population
- létalité — proportion de personnes mortes par maladie
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Que pensez-vous des recommandations de l’OMS contre la fermeture des frontières ? Donnez des raisons.
- Comment l’augmentation de la capacité diagnostique peut-elle aider la gestion de cette épidémie ?
- Quels avantages et quels risques voyez-vous à utiliser des vaccins ou traitements expérimentaux en situation d’urgence ?
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