Le barrage Laúca et la finance chinoise en AngolaCEFR B2
17 déc. 2025
Adapté de Vivian Wu, Global Voices • CC BY 3.0
Photo de Isaac Lind, Unsplash
Lorsque Laúca a commencé à fonctionner, il a été présenté comme une étape majeure pour la transition vers une énergie plus verte en Angola. Le projet, construit par des entreprises chinoises et financé en grande partie par des prêts chinois, a ajouté plus de 2 000 mégawatts à la capacité nationale. Les médias et plateformes de la Belt and Road Initiative présentent souvent l'hydraulique outre-mer comme une coopération bas carbone et promeuvent des outils tels que les obligations vertes et les prêts verts.
Un reportage de mars 2024 dans China Pictorial citait notamment le projet Caculo Cabaça comme le plus grand projet hydroélectrique d'Afrique et mentionnait que Ping An Bank, via un compte dans la Shanghai Free Trade Zone, avait participé à son financement et accordé pour la première fois des services de crédit à un État souverain. Un rapport de 2017 du centre Cheng Cheng a qualifié l'Angola de terrain d'essai de l'« Angola Model », fondé sur des échanges ressources-contre-infrastructures avec des conditions de prêt plus longues et peu de clauses de gouvernance.
Selon les données du Global Development Policy Center, l'Angola a reçu plus de USD 40 billion en prêts chinois, majoritairement adossés au pétrole. Après la chute des prix du pétrole, le service de la dette a absorbé une part croissante des recettes publiques, et Reuters (novembre 2025) souligne l'absence d'un programme de financement avec le FMI et la vulnérabilité persistante signalée par des institutions financières.
Des enquêtes locales, comme celles de Maka Angola, dénoncent un manque de transparence, des conditions opaques et des retards de tranches bancaires, ce qui a tendu les finances publiques. La durabilité à long terme de Laúca et de Caculo Cabaça dépendra de la transparence, de la viabilité de la dette et de l'effet réel de ces projets sur les objectifs nationaux de développement. Sous la bannière de la finance verte, ces prêts chinois sont de plus en plus présentés comme une alternative à l'aide occidentale et rencontrent un public réceptif dans certaines régions d'Afrique.
- Risques principaux : dette élevée
- Manque de transparence
- Problèmes de distribution d'électricité
Mots difficiles
- transition — passage progressif vers un autre système énergétique
- hydraulique — production d'électricité par la force de l'eau
- prêt — somme d'argent à rembourser plus tardprêts
- adosser — être garanti ou soutenu par une ressourceadossés
- transparence — clarté et accès aux informations publiques
- viabilité — capacité d'un projet à fonctionner durablement
- service de la dette — paiements réguliers pour rembourser des emprunts
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Quels avantages et quels risques voyez-vous dans les prêts adossés aux ressources naturelles pour un pays comme l'Angola ?
- Comment une meilleure transparence pourrait-elle améliorer la viabilité des grands projets hydroélectriques ?
- La présentation de ces prêts comme « finance verte » peut‑elle changer l'opinion publique en Afrique ? Pourquoi, selon vous ?
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