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La série Netflix ravive l'histoire d'Oesterheld — Niveau B2 — grayscale photography of woman and girl face to face while covering assorted photos

La série Netflix ravive l'histoire d'OesterheldCEFR B2

22 févr. 2026

Adapté de Shannon Kirby, Global Voices CC BY 3.0

Photo de Matias Jacobi, Unsplash

Niveau B2 – Intermédiaire supérieur
8 min
437 mots

L'adaptation Netflix de la bande dessinée argentine de 1957, El Eternauta, a remis au premier plan un chapitre douloureux du passé argentin en ravivant l'attention sur Héctor Germán Oesterheld et la disparition de sa famille. La série, qui met en scène Ricardo Darín, a fourni des images reprises lors des manifestations de 2025 contre le gouvernement de Javier Milei ; des proches ont collé des tracts sur les affiches et utilisé les réseaux sociaux pour solliciter des informations.

Oesterheld, né à Buenos Aires en 1919, a écrit la version originale puis une nouvelle version qu'il a achevée alors qu'il se cachait. Lui, ses quatre filles et ses deux gendres ont disparu pendant la dictature (1976–1983). Deux des filles, Diana et Marina, étaient enceintes au moment de l'enlèvement : Diana devait accoucher en novembre 1976 et Marina entre décembre 1977 et janvier 1978.

Le retentissement de la série a entraîné une forte hausse des démarches : entre la sortie et mai 2025, le nombre de personnes sollicitant l'aide des Abuelas de Plaza de Mayo a augmenté de six fois et les offres d'informations sur d'éventuels petits‑enfants ont triplé. Le slogan « Où est Oesterheld ? » est devenu viral.

Le contexte historique reste lourd : les estimations des disparus pendant la dictature vont jusqu'à 30 000, tandis que le registre du Parque de la Memoria recense 8 948 victimes à ce jour. La disparition forcée était utilisée systématiquement, y compris par des "vols de la mort". Le Procès des juntes a eu lieu en 1985, mais de nombreux disparus restent introuvables.

Un exemple concret : Fernando Araldi Oesterheld avait un an quand ses parents ont été enlevés. En 2010, le corps de son père, Rafael, a été identifié par l'Equipo Argentino de Antropología Forense au Cementerio del Norte, à San Miguel de Tucumán ; la mère et le bébé n'ont pas été retrouvés.

Des organisations fondées par des proches poursuivent la recherche d'identité et la mémoire :

  • Abuelas de Plaza de Mayo, fondées en 1977, ont retrouvé 140 petits‑enfants,
  • Madres de Plaza de Mayo, formées en 1977,
  • H.I.J.O.S., créés en 1995, représentent la troisième génération.

Le plus récent petit‑enfant retrouvé a été annoncé le 7 juillet 2025, le premier cas résolu depuis la sortie de la série. Des proches alertent sur de possibles coupes de financement pour la Banque nationale de données génétiques sous le gouvernement actuel. Les Abuelas et d'autres appellent à un soutien public soutenu pour la recherche d'identité et la préservation de la mémoire. Manuel Gonçalves Granada, membre du conseil des Abuelas, a déclaré que la série a réanimé les mécanismes du groupe et augmenté l'espoir de retrouver d'autres petits‑enfants.

Mots difficiles

  • adaptationversion d'une œuvre transformée pour un autre média
  • bande dessinéerécit raconté par des images et du texte
  • disparition forcéeenlèvement suivi d'une détention secrète
  • solliciterdemander officiellement ou publiquement de l'aide
    sollicitant
  • recensercompter et inscrire officiellement des personnes
    recense
  • réanimerrendre vie ou activité à quelque chose
    réanimé

Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.

Questions de discussion

  • Comment une série télévisée peut‑elle aider à relancer la recherche d'identité et la mémoire, d'après le texte ?
  • Quels problèmes pourraient poser des coupes de financement pour la Banque nationale de données génétiques ?
  • Pourquoi la recherche des petits‑enfants retrouvés reste‑t‑elle importante pour les proches et la société ?

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