En examinant plus de 20 000 données fossiles issues du monde entier et couvrant 145 millions d'années, une nouvelle analyse quantifie comment l'ancienneté évolutive influe sur la survie des Neoselachii, le groupe qui inclut les requins et les raies modernes. Les auteur·e·s ont employé de nouvelles méthodes pour reconstituer les âges d'origine et d'extinction d'environ 1 500 espèces et ainsi repérer les périodes d'apparition et de disparition massives.
Le schéma principal mis en évidence est net : les espèces présentent un risque d'extinction bien plus élevé au cours des quatre premiers millions d'années après leur origine que lorsqu'elles sont plus âgées. Ce phénomène reste visible sur l'ensemble de la série temporelle, quelle que soit la cause d'extinction. L'étude confirme des pertes majeures, notamment à la fin du Crétacé il y a environ 66 millions d'années, et elle met au jour des épisodes d'extinction précédemment inconnus.
Certaines extinctions furent suivies d'explosions d'espèces nouvelles, tandis que d'autres ne donnèrent pas lieu à de telles reprises : Catalina Pimiento note qu'une disparition survenue il y a environ 30 millions d'années fut « de loin la plus dévastatrice », car peu de nouvelles espèces émergèrent ensuite. Les données indiquent aussi que, au cours des 40 à 50 derniers millions d'années, trop peu de nouvelles espèces sont apparues pour compenser les pertes antérieures.
Les auteur·e·s concluent que l'âge d'une espèce est un prédicteur persistant du risque d'extinction sur le temps évolutif. Ils estiment que les requins et les raies modernes sont les survivants d'une longue histoire de pertes et d'apparitions, mais ils subissent aujourd'hui une pression supplémentaire liée aux activités humaines. L'article paraît dans Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences et la source est l'University of Zurich.
Mots difficiles
- ancienneté — durée depuis l'origine d'une espèceancienneté évolutive
- extinction — arrêt permanent d'une espèce dans la nature
- apparition — naissance ou première présence d'une espèce
- reconstituer — assembler des éléments pour retrouver le passé
- prédicteur — indicateur qui permet d'estimer un risque
- compenser — remplacer ou équilibrer une perte ou un manque
- dévastateur — qui cause des dommages très importantsdévastatrice
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Pourquoi, d'après vous, les espèces jeunes ont-elles un risque d'extinction plus élevé ? Donnez des raisons possibles.
- Quelles conséquences ces résultats peuvent-ils avoir pour la conservation des requins et des raies ?
- Comment les activités humaines peuvent-elles aggraver les pertes d'espèces mentionnées dans l'article ?
Articles liés
Peuples autochtones demandent protection des forêts à la COP30
À la COP30 à Belém (Brésil), des peuples autochtones et communautés locales demandent la protection des forêts, la reconnaissance des droits territoriaux et un accès direct aux financements climatiques. Leurs revendications s'appuient sur un rapport cartographique des menaces extractives.
118 affaires pour violations de la loi sur l'environnement en République dominicaine
En septembre 2025, 118 affaires ont été portées en justice pour violations de la loi 64-00. Le SENPA et d9autres organismes rapportent de nombreuses saisies et opérations entre 2020 et mi-2025, et Green Line reçoit beaucoup de plaintes.
Des oiseaux du Nord‑Ouest Pacifique plus résilients que prévu
Une étude comparant des observations d'il y a 30 ans montre que la plupart des populations d'oiseaux du Nord‑Ouest Pacifique sont restées stables et que beaucoup montent en altitude. Certaines espèces, comme le Canada Jay, ont besoin d'aide.