Un rapport publié mercredi 25 February par l’International Panel of Experts on Sustainable Food Systems (IPES‑Food) alerte sur une alliance croissante entre grandes entreprises agricoles et grandes entreprises technologiques. Le document, Head In The Cloud, détaille comment des acteurs comme Google, Microsoft, Amazon et Alibaba s’appuient sur des plateformes cloud et des outils d’intelligence artificielle, attirant des financements publics et privés qui orientent la recherche, le financement et les choix politiques.
Les auteurs mettent en garde contre un verrouillage technologique: une fois inscrits à des systèmes numériques propriétaires, les agriculteurs peuvent perdre l’accès à leurs données et à leurs outils. Ces technologies sont présentées comme coûteuses, très consommatrices d’énergie et de ressources, et reposant sur une connectivité permanente et des modèles par abonnement que la plupart des petits producteurs n’ont pas.
Le rapport décrit comment la surveillance des sols, des semences et des pratiques crée des jeux de données qui servent à vendre des produits, entraîner des algorithmes et dégager des profits avec une transparence limitée. Il soulève aussi des risques de biopiraterie, lorsque savoirs traditionnels ou ressources génétiques sont commercialisés au détriment des communautés locales.
- Technologies citées : services d’agriculture de précision
- surveillance par satellite
- systèmes d’élevage automatisés
- plates‑formes numériques sur infrastructure cloud
Certaines entreprises n’ont pas répondu aux demandes de commentaire. Un porte‑parole de Bayer a affirmé que la numérisation est essentielle pour la recherche et l’action climatique et que les agriculteurs restent libres de choisir leurs technologies. Le rapport met aussi en avant des exemples portés par des agriculteurs, comme le Farmers’ Seed Network en Chine et l’initiative AGUAPAN au Pérou, qui a conservé la diversité génétique de plus de 1,000 variétés locales de pommes de terre. Les auteurs estiment que la montée en échelle de telles initiatives requiert un financement public et privé à long terme, des services de vulgarisation, des infrastructures publiques et une gouvernance des données renforcée. Emmanuel Siakilo, de la Commission de l’Union africaine, insiste sur l’importance d’investissements adaptés au contexte et s’interroge sur l’orientation des financements vers les bons types d’adaptation agricole. Le texte a été produit par le service Global de SciDev.Net.
Mots difficiles
- verrouillage — dépendance durable à un seul système techniqueverrouillage technologique
- numérisation — transformation des activités en formes numériques
- biopiraterie — appropriation commerciale de ressources biologiques ou savoirs
- vulgarisation — diffusion pratique des connaissances aux agriculteurs
- diversité génétique — variation des gènes au sein d'une espèce
- financement — apport d'argent pour soutenir un projetfinancements
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Quels avantages et quels risques voyez-vous dans l'utilisation de plateformes cloud et d'outils d'intelligence artificielle en agriculture, d'après le rapport ?
- Comment, selon vous, des services de vulgarisation et des infrastructures publiques pourraient-ils aider les petits producteurs face aux technologies propriétaires ?
- Que pourraient faire les gouvernements pour éviter la biopiraterie et protéger les savoirs traditionnels mentionnés dans le texte ?
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