Les perturbations climatiques modifient les écosystèmes à travers l’Afrique et ouvrent de nouvelles voies pour les maladies animales, végétales et humaines. À Bazua, dans la région Upper East au Ghana, l’agriculteur Martin Ariku décrit une année de désillusions : une sécheresse précoce suivie d’averses courtes et violentes a noyé les plantes survivantes. Les rendements ont chuté drastiquement — jusqu’à cinq sacs de 100 kilogrammes par acre pour plusieurs cultures, contre quinze habituellement — et une variété de sorgho introduite par SNV Ghana n’a pas tenu face aux variations rapides.
Les pertes de récolte compromettent aussi les semences futures, car les grains qui ne mûrissent pas ne peuvent pas servir de semences. Les nuits plus chaudes et la variabilité des pluies favorisent des ravageurs comme la chenille légionnaire d’automne (Fall Armyworm). Une enquête du CABI indique que 98 % des agriculteurs interrogés au Ghana et en Zambie ont été infectés, avec des pertes moyennes de 26,6 % au Ghana et 35 % en Zambie, et des pertes annuelles estimées à 177 millions de dollars US au Ghana et 159 millions de dollars US en Zambie. Des spécialistes, dont Copperfield Banini du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture du Ghana, soulignent que le réchauffement accélère le métabolisme et la reproduction des ravageurs, élargissant ainsi leur aire.
Ces chocs agricoles se répercutent sur la santé publique : moins d’aliments et de revenus accroissent la malnutrition et affaiblissent l’immunité. Les pluies intenses créent des mares stagnantes favorables aux moustiques, et les inondations peuvent mêler eaux usées et eau potable, augmentant le risque de choléra. La végétation plus dense dans les zones humides offre aussi des habitats aux vecteurs. Dans la région Ashanti, la famille Krampah à Bekwai signale plus de cas de paludisme, et Patience Kiyuka rappelle que l’apparition d’Anopheles stephensi dans des villes comme Nairobi change la dynamique du paludisme urbain et oblige à repenser l’usage des moustiquaires et des pulvérisations intradomiciliaires.
Des épisodes de fièvre de la vallée du Rift après fortes pluies en Afrique de l’Est illustrent l’augmentation des transmissions zoonotiques liée au changement climatique. La recherche One Health Horizon Scanning met en lumière ces risques interconnectés. Ama Essel, médecin en santé publique, avertit que de nombreuses cliniques manquent de bâtiments solides, d’électricité fiable et de chaînes du froid pour les vaccins. Elle appelle à des infrastructures renforcées, à des investissements dans les vaccins et à de meilleurs systèmes de transport et d’énergie, et souligne que des financements suffisants seront nécessaires à mesure que la crise climatique progresse.
Mots difficiles
- perturbation — Changement qui trouble un système naturelperturbations
- écosystème — ensemble d'organismes et de leur milieuécosystèmes
- rendement — quantité produite par unité de surfacerendements
- ravageur — organisme qui détruit les culturesravageurs
- malnutrition — manque durable de nourriture suffisante
- inondation — submersion d'une zone par l'eauinondations
- zoonotique — maladie transmissible entre animaux et humainszoonotiques
- infrastructure — installations nécessaires au fonctionnement publicinfrastructures
- vaccin — préparation qui protège contre une maladievaccins
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Expliquez comment la baisse des rendements agricoles peut affecter la santé des populations locales, en vous appuyant sur le texte.
- Quelles actions concrètes les autorités peuvent-elles prendre pour réduire le risque de maladies liées aux inondations et aux moustiques ?
- En vous basant sur les recommandations d'Ama Essel, quelles priorités d'investissement proposeriez-vous pour renforcer les cliniques face au changement climatique ?
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