L'étude publiée ce mois-ci dans Nature Communications, Earth and Environment conclut que la réduction récente de la pollution de l'air en Asie de l'Est, en particulier en Chine, a vraisemblablement contribué à l'accélération du réchauffement de la surface globale depuis autour de 2010. Les auteurs relient cette évolution à une baisse marquée des aérosols : ils rapportent une diminution d'environ 75 % des émissions d'aérosols sulfates dans la région sur la période étudiée.
Le mécanisme est simple : moins d'aérosols laisse passer davantage de rayonnement solaire vers la surface, ce qui entraîne un réchauffement. Bjørn H. Samset, coauteur et chercheur au CICERO, indique que cela « a vraisemblablement entraîné une grande partie de l'accélération récente du réchauffement global, ainsi que des tendances au réchauffement dans le Pacifique ». Les chercheurs soulignent néanmoins que l'interaction nuage‑aérosol est importante et difficile à modéliser avec précision.
Les auteurs jugent que l'accélération liée à la diminution de la pollution est probablement de courte durée, mais des impacts régionaux sont déjà visibles. Roxy Mathew Koll note que depuis environ 2000 les températures en Asie ont fortement augmenté et que cela intensifie les vagues de chaleur, perturbe les moussons, alimente les cyclones, élève le niveau de la mer et fait fondre les glaciers. Le rapport State of the Climate in Asia 2024 de l'Organisation météorologique mondiale indique que l'Asie se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale et que les températures de surface des océans Indien et Pacifique ont atteint des niveaux records en 2024.
Des experts et agences appellent à une action urgente sur les émissions de gaz à effet de serre et à un soutien financier pour l'adaptation. Un document du FMI estime que l'Asie émergente et en développement a besoin d'au moins US$1.1 trillion par an pour l'atténuation et l'adaptation, avec un déficit annuel de US$800 billion. Lors de la COP29, les pays riches se sont engagés à aider à mobiliser US$300 billion par an d'ici 2035, une somme que de nombreux pays vulnérables jugent insuffisante.
Mots difficiles
- aérosol — Particules en suspension dans l'air.aérosols, aérosols sulfates
- interaction — Action réciproque entre deux éléments.
- atténuation — Réduction de l'intensité d'un phénomène.
- modéliser — Représenter un phénomène par un modèle.
- mousson — Saison de pluies et vents réguliers.moussons
- mobiliser — Rassembler des ressources ou des fonds.
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- La réduction des émissions d'aérosols a contribué au réchauffement global tout en diminuant la pollution locale. Comment, selon vous, les gouvernements devraient-ils équilibrer ces deux objectifs ? Donnez des raisons.
- Le texte évoque des impacts régionaux comme des vagues de chaleur et des perturbations des moussons. Quelles mesures d'adaptation locales seraient prioritaires pour protéger les populations ?
- Le FMI et la COP29 proposent des montants financiers différents pour aider l'Asie vulnérable. Pensez-vous que les engagements actuels sont suffisants ? Expliquez votre point de vue.
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