Des archivistes citoyens préservent la culture orale d'Asie du SudCEFR B2
21 nov. 2025
Adapté de Amrit Sufi, Global Voices • CC BY 3.0
Photo de Mitchell Luo, Unsplash
Des archivistes citoyens d'Asie du Sud utilisent des caméras de téléphone pour enregistrer et partager des éléments de la culture orale qui risquent de disparaître avec la modernisation et l'homogénéisation culturelle. Le projet “Enhancing Indic oral culture on Wikimedia projects” soutient des locuteurs natifs pour téléverser, transcrire et relier ces matériaux à des plateformes de savoir ouvert comme Wikimedia Commons, Wikisource et Wikipedia. Quatorze communautés linguistiques ont participé et 227 éléments ont été produits à ce jour.
Les enregistrements couvrent plusieurs genres et montrent des savoirs souvent exclus de l'enseignement dominant et des médias de masse parce qu'ils se transmettent principalement par la parole. Par exemple, les chants agricoles tulu O Bele pardhana (kabithe) se jouent en groupe: un soliste mène le chant et le chœur répond. La documentariste Kavitha Ganesh précise que la fin de l'agriculture paysanne, les machines, le changement d'emploi et le passage des céréales à la culture de l'arec ont réduit les occasions d'apprendre ces chants.
En angika, environ 80 chansons collectées, souvent chantées par des femmes dalit, offrent des portraits populaires des figures divines, comme l'illustre le chant Shibguru: « Le seigneur Shiva dormait sans son troisième œil, les voleurs en ont profité et sont entrés dans le temple. » Des pratiques torwali, jadis réprimées par un extrémisme puritain, ont été réaffirmées au Simam Festival 2011; l'organisation Idara Baraye Taleem-o-Taraqi (IBT) a partagé plusieurs vidéos sur Commons pour protéger l'identité et la culture musicale.
Chez les Tharu de l'est, l'archiviste Sanjib Chaudhary a enregistré une chanson de migration qui évoque la traversée de la rivière Sursari/Saptari entre Saptari et Morang; le chant n'évoque pas la Kosi, aussi il étudie le déplacement de cette rivière pour vérifier si la Sursari fut un jour dominante. En partageant librement ces enregistrements, les communautés reprennent la main sur leur représentation, réduisent le risque de collectes de données non éthiques et rendent des savoirs sous-représentés accessibles aux locuteurs et aux chercheurs.
Mots difficiles
- archiviste — personne qui collecte et conserve des documentsarchivistes
- homogénéisation — processus qui rend les cultures plus semblables
- téléverser — envoyer un fichier vers une plateforme en ligne
- savoir — connaissance ou information transmise oralementsavoirs
- soliste — musicien ou chanteur qui joue ou chante seul
- réprimer — réduire ou interdire par la force ou l'autoritéréprimées
- collecte de données — action de rassembler des informations sur des personnescollectes de données
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Comment le téléversement et le partage libre peuvent-ils aider une communauté à contrôler sa représentation ? Donnez des exemples tirés du texte ou imaginés.
- Quels risques éthiques sont évités par le projet, et pourquoi ces risques sont-ils importants pour les locuteurs et les chercheurs ?
- Pensez-vous que l'utilisation de caméras de téléphone soit suffisante pour préserver une culture orale? Quelles limites ou avantages voyez-vous ?
Articles liés
Liaisons quantiques : l’Université de Chicago étend la portée
Une équipe de l’Université de Chicago a théoriquement étendu la portée des liaisons quantiques jusqu’à 2 000 km en augmentant la cohérence d’atomes d’erbium. L’équipe utilise la MBE et va tester la connexion en laboratoire.
Roms de la périphérie de São Paulo cherchent reconnaissance
Des Roms vivant en périphérie de São Paulo demandent une reconnaissance officielle et un meilleur accès aux services publics. Le texte évoque stéréotypes, inondations de février 2025 et l'absence d'option romani au recensement de 2022.
Perus : une identification corrigée après de nouveaux tests ADN
En avril 2025, des chercheurs brésiliens ont corrigé une identification ancienne d'une victime trouvée dans une fosse clandestine du cimetière de Perus. De nouveaux tests ADN montrent que l'identification faite auparavant était erronée.