L'OMM indique que des conditions El Niño déjà présentes dans le Pacifique vont se renforcer dans les mois à venir. Le NOAA a publié une mise à jour le 15 juin précisant que ces conditions devraient probablement s'accentuer durant le reste de 2026 et persister au début de 2027, et pourraient faire partie des plus importantes depuis le début des relevés en 1950. Les observations montrent une hausse rapide de l'indice Niño 3.4, et certains spécialistes comparent la vitesse de développement à celle de 1997.
Les prévisionnistes estiment une forte probabilité que la température de surface de la mer dans le Pacifique oriental dépasse de deux degrés Celsius la moyenne, correspondant à un El Niño « très fort » ou « Super ». Un tel épisode peut déclencher vagues de chaleur, sécheresses et précipitations intenses. Les perspectives juin–septembre de l'OMM prévoient des précipitations supérieures à la normale sur le Pacifique équatorial central et oriental, et inférieures à la normale sur des zones de l'océan Indien tropical et du sous-continent indien. L'agence alerte aussi sur des températures mondiales plus chaudes en juillet et août. Les scientifiques soulignent un « double effet » : le monde s'est déjà réchauffé de près de 1,5 °C, ce qui amplifie les impacts d'El Niño.
Les conséquences humanitaires sont déjà tangibles. Au Bangladesh, les inondations et glissements de terrain ont affecté plus de 1,1 million de personnes et déplacé plus de 36 500. Le International Rescue Committee cite le Kenya, l'Ouganda, la Somalie, le Bangladesh, le Pakistan et l'Afghanistan parmi les pays les plus touchés. Les réponses en cours incluent des financements anticipés et des mesures nationales : l'ONU dispose de US$100 million, dont US$20 million déjà alloués pour une action anticipée dans six pays. Le Brésil a créé une salle de situation interministérielle et, le 30 juin, son ministère de la Santé a lancé des mesures incluant un tableau de bord national sur le risque de chaleur et R$9,8 billion (US$1,92 billion) d'investissements sanitaires prévus jusqu'en 2035. Le Chili a déclaré l'état d'urgence dans dix régions le lundi (13 juillet). Scientifiques et acteurs humanitaires demandent des systèmes d'alerte renforcés, l'implication des communautés, des améliorations d'infrastructures et une allocation rapide des ressources. La confirmation finale de la puissance de cet El Niño est attendue vers la mi-août à septembre.
- Renforcer les systèmes d'alerte précoce.
- Impliquer les communautés locales.
- Améliorer les infrastructures et les services.
- Allouer rapidement les ressources financières.
Mots difficiles
- accentuer — devenir plus intense ou plus marqués'accentuer
- indice — valeur mesurée servant à suivre un phénomène
- prévisionniste — personne qui prédit l'évolution du climatprévisionnistes
- précipitation — pluie, neige ou autre eau venant du cielprécipitations
- sécheresse — période prolongée sans pluie importantesécheresses
- alerte précoce — avertissement rapide pour réduire les risques
- allouer — attribuer des fonds ou des ressources à un usage
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Quelles mesures locales ou nationales prioritaires recommanderiez-vous pour réduire les risques d'un El Niño « très fort » ? Expliquez pourquoi.
- Comment le « double effet » (réchauffement déjà présent + El Niño) peut-il compliquer la réponse humanitaire ? Donnez des exemples.
- Quels obstacles financiers et logistiques peuvent ralentir l'allocation rapide des ressources mentionnée dans l'article ?