Les grandes coupures d'aide internationale affectent des projets d'eau essentiels au Moyen-Orient, où la sécurité hydrique est devenue prioritaire face au changement climatique, à la croissance démographique et aux conflits régionaux. Le mois dernier, un package de coupes de 8 milliards de dollars a été approuvé par des parlementaires américains après la fermeture de l'agence USAID par l'administration Trump et des annonces de licenciements. Le Royaume-Uni prévoit de réduire son budget d'aide de 40 %, en faisant passer l'effort de 0,5 à 0,3 % du revenu national brut à partir de 2027, et la France, l'Allemagne, la Suisse et les Pays-Bas diminuent également leurs engagements. « Les États-Unis fournissent près de 40 % de toute l'aide internationale », souligne Issam Khatib, et le rapport note que 13 of the 17 major donor countries ont diminué leurs engagements depuis 2022.
Les coupes mettent en danger des projets de dessalement, de réutilisation des eaux et d'amélioration de la gestion. En Jordanie, où les ressources en eau ne suffisent que pour 3 ou 4 millions de personnes alors que la population est d'environ 12 millions, USAID soutenait notamment l'Aqaba-Amman Water Desalination and Conveyance Project, prévu pour être achevé d'ici la fin de 2028. Ce projet doit desservir environ 4 millions de personnes et acheminer 300 mètres cubes d'eau dessalée par an du golfe d'Aqaba à Amman via un pipeline de 450 kilomètres. Le soutien américain au secteur en Jordanie est ainsi passé d'environ 115,6 millions de dollars en 2023 à autour de 40 millions cette année.
Au Liban, un projet de 73,5 millions de dollars (2021–2027) visant à installer des compteurs intelligents, former le personnel et améliorer la facturation a été interrompu après la suspension des projets américains, créant une importante lacune financière et technique et fragilisant la confiance publique et les réformes institutionnelles. Face à ces retraits, plusieurs pays cherchent des alternatives : le Maroc intègre l'investissement dans l'eau à ses stratégies climatiques pour attirer des fonds climat et de la finance verte, tandis que des fonds régionaux comme le Kuwait Fund for Arab Economic Development, l'Islamic Development Bank et la African Development Bank soutiennent des infrastructures résilientes et une agriculture adaptée au climat.
Le reportage initial provient du bureau régional de SciDev.Net pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.
Mots difficiles
- sécurité hydrique — approvisionnement fiable et durable en eau potable
- dessalement — processus pour retirer le sel de l'eau
- réutilisation — utilisation à nouveau d'eau traitée
- desservir — fournir un service ou des ressources
- pipeline — conduite longue pour transporter un fluide
- finance verte — argent investi pour projets écologiques
- résilient — capable de résister et de se remettrerésilientes
- engagement — promesse ou soutien financier d'un paysengagements
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Quels effets concrets peuvent avoir les coupes d'aide internationale sur la vie quotidienne des habitants dans les pays concernés ?
- Quelles alternatives locales ou régionales semblent prometteuses pour financer des projets d'eau, selon le texte ? Donnez des exemples.
- Pensez-vous que la finance verte et les fonds régionaux peuvent remplacer durablement l'aide des grands donateurs ? Pourquoi ou pourquoi pas ?
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