Le cinéma afghan sous les talibansCEFR B2
15 janv. 2026
Adapté de Hasht-e-Subh Daily, Global Voices • CC BY 3.0
Photo de Sohaib Ghyasi, Unsplash
Une enquête de Hasht-e Subh Daily, signée Elina Qalam et publiée le 29 octobre 2025, décrit comment le contrôle taliban a transformé la vie cinématographique afghane depuis 2021. Les talibans ont retiré films et séries des diffuseurs, fermé des salles et interdit de nombreuses activités liées au cinéma. Le 21 novembre 2021, le ministère pour la Promotion de la Vertu et la Prévention du Vice a publié une directive en huit articles qui a entraîné l’éviction massive des femmes des médias.
La municipalité de Kaboul a annoncé la démolition du cinéma historique Khairkhana le 22 mars 2023, puis, le 26 septembre 2023, le bâtiment du cinéma Aryub a été mis en location. Le 13 mai 2025, les talibans ont officiellement dissous Afghan Film, l’institution d’État chargée de la production, du soutien et de l’archivage.
L’enquête relève une vive inquiétude pour les archives d’Afghan Film, qui conservent des documentaires remontant au début du XXe siècle et des enregistrements d’événements politiques majeurs. Les talibans ont organisé des événements comme le festival Did-e Naw, perçu par des experts comme à visée propagandiste. Dans les quatre dernières années, le groupe a produit neuf films et une série télévisée — sans aucune femme — avec des titres cités tels que « Bagram Prison », « Pul-e Company », « Kabul Retaining Walls », « State Gardener », « A Working Day of a Police Commander » et « Ninth of Sunbula ». Ces productions diffusent l’idéologie talibane, dénigrent l’ancien gouvernement et glorifient la guerre.
Les cinéastes en exil font face à des ressources financières limitées, à l’absence d’installations techniques et à peu d’opportunités. Des artistes restés en Afghanistan vivent dans la pauvreté et décrivent une censure stricte : les scénarios doivent être soumis à l’examen et la participation des femmes est totalement interdite. Plusieurs professionnels estiment qu’il n’y a pour l’instant aucun espoir de renaissance du cinéma afghan.
Mots difficiles
- enquête — investigation journalistique ou étude approfondie
- directive — texte officiel donnant des règles à suivre
- éviction — action d'expulser ou d'écarter des personnes
- démolition — destruction d'un bâtiment ou d'une construction
- dissoudre — mettre fin officiellement à une organisationdissous
- archivage — conservation et classement de documents ou films
- propagandiste — qui cherche à influencer l'opinion publique
- exil — situation d'une personne vivant loin de son pays
- censure — contrôle des textes et suppression possible
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Comment la dissolution d'Afghan Film peut-elle affecter la mémoire culturelle de l'Afghanistan ?
- Quels sont, selon vous, les principaux obstacles pour les cinéastes en exil et quelles solutions possibles pourraient exister ?
- Quel impact peuvent avoir des productions sans femmes sur la société et sur la représentation culturelle ?
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