Un groupe de dirigeants scientifiques africains, réunis dans la cohorte inaugurale de la Calestous Juma Science Leadership Fellowship, publie dans Nature Health un appel à concevoir et financer localement les innovations médicales. Ils estiment que des décennies de sous-investissement ont affaibli la capacité du continent à produire des solutions cliniques adaptées, et que la récente réduction de l’aide américaine et d’autres perturbations mondiales rendent urgentes des stratégies menées par l’Afrique.
Le rapport note que la dépense intérieure brute en R&D en Afrique était en moyenne de 0,33 pour cent en 2023, loin de l’objectif d’au moins 1 pour cent du PIB. Les auteurs demandent une augmentation des investissements nationaux pour soutenir une R&D pharmaceutique conduite par le secteur privé, assortie de mécanismes clairs de responsabilité. Ils insistent pour passer de la production de connaissances à la fabrication de produits de santé utilisables, en ciblant notamment les règles de passation des marchés et d’importation, les chaînes d’approvisionnement et les partenariats de recherche dirigés par des équipes africaines.
Parmi les propositions concrètes figurent la réduction des goulots d’étranglement des marchés publics, l’assouplissement des règles qui retardent le travail en laboratoire et la fabrication locale, le lancement d’un procurement groupé et d’un observatoire virtuel pour mieux repérer les fournisseurs, ainsi que des mesures politiques peu coûteuses pour améliorer les conditions de travail et les promotions au mérite. Iruka Okeke souligne que « nous payons plus et recevons moins de soutien de la part des fournisseurs » et précise que des changements aux règles d’importation pourraient avoir peu de conséquences financières, car les matériaux spécialisés supportent souvent peu de droits et plusieurs institutions sont déjà exonérées. Tom Kariuki qualifie cet appel d’« invitation à agir ensemble ». L’article a été produit par le bureau English Sub-Saharan Africa de SciDev.Net.
Mots difficiles
- cohorte — groupe de personnes sélectionnées pour étudecohorte inaugurale
- sous-investissement — financement insuffisant d'un secteur ou projet
- dépense intérieure brute — montant dépensé en recherche dans le pays
- passation des marchés — processus d'achat public par l'administration
- chaînes d’approvisionnement — réseau qui fournit produits et matières premières
- observatoire virtuel — plateforme pour suivre et repérer fournisseurs
- exonérer — ne pas faire payer des taxes ou droitsexonérées
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Quels avantages et quels défis voyez-vous à financer et produire localement des innovations médicales en Afrique ?
- Comment un observatoire virtuel et un procurement groupé pourraient-ils améliorer l'accès aux fournisseurs locaux ?
- Quelles mesures politiques peu coûteuses pourraient encourager la fabrication locale dans votre pays ou région ?
Articles liés
Les cellules T des amygdales diffèrent de celles du sang
Des chercheurs montrent que les cellules T des amygdales ne sont pas les mêmes que celles retrouvées dans le sang. L'étude, menée par la Washington University, utilise un grand jeu de données unicellulaires et demande d'étudier les tissus pour évaluer vaccins et immunothérapies.
Les moustiques peuvent apprendre à aimer l'odeur du DEET
Une étude montre que des moustiques Aedes aegypti peuvent associer l’odeur du DEET à une source de nourriture et, parfois, y être attirés. Les chercheurs conseillent de continuer à utiliser le DEET et de réappliquer régulièrement.
La grossesse comporte un risque de décès beaucoup plus élevé que l'avortement
Une nouvelle analyse utilisant des données récentes (2018–2021) montre que le risque de décès lié à la grossesse est nettement supérieur à celui lié à l'avortement. Les auteurs appellent à réduire la mortalité maternelle.
La Tanzanie lutte contre la rage par la vaccination canine
La rage reste un grave problème en Tanzanie, où environ 1,500 personnes meurent chaque année. Des campagnes de vaccination des chiens, des solutions pour la chaîne du froid et un soutien international donnent de l'espoir pour réduire les décès d'ici 2030.