La récente modification, le Transgender Persons (Protection of Rights) Amendment Act, 2026, adoptée avec l'assentiment présidentiel le 30 mars, supprime le droit à l'auto‑identification et impose des contrôles médicaux et administratifs pour la reconnaissance du genre. Les militants craignent que ces contraintes, ajoutées à des retards de paiement, n'accroissent la stigmatisation et n'empêchent l'accès aux soins pour les personnes trans.
Au Bihar, des exemples concrets illustrent le problème. Ankita, qui vit avec le VIH à Patna, a perdu un versement mensuel de 1,500 rupees versé par le programme d'État Shatabdi AIDS Pirit Kalyan Yojana et ne peut plus payer les 500 rupees du trajet jusqu'au centre ART. Angel, du district de Sitamarhi, a manqué deux visites programmées parce qu'elle devait deux mois de loyer à son guru et n'avait plus d'argent après avoir mendie et chanté aux arrêts de bus.
Des responsables locaux comme J. Javed expliquent que les paiements sont parfois retardés et que les bénéficiaires reçoivent parfois deux mois d'indemnité en une seule fois. Reshma, militante qui travaille avec plus de 2,500 femmes trans, signale aussi des lacunes dans les documents d'identité, des violations de la confidentialité, un manque de formation du personnel et l'interruption du soutien social. Une enquête de 2018 commandée par la National Human Rights Commission a montré que 96 per cent des personnes trans en Inde se voyaient refuser des emplois et se tournaient vers des travaux faiblement rémunérés et dangereux.
Des professionnels de la santé préviennent que l'interruption du traitement peut provoquer une résistance aux médicaments et aggraver la santé mentale. Abhinav Pandey, spécialiste en santé mentale, a déclaré que ces interruptions et les pressions sociales peuvent entraîner anxiété, dépression, traumatismes, isolement et idées suicidaires. Des cas en Uttar Pradesh montrent aussi la stigmatisation dans les cliniques : Priya, travailleuse du sexe transgenre vivant avec le VIH, raconte que le personnel continuait à l'appeler par son ancien nom malgré une nouvelle carte d'identité, et qu'on lui a posé près de 20 questions intrusives au lieu des sept exigées par les lignes directrices, ce qui l'a poussée à quitter le centre.
Sur le papier, la National AIDS Control Organisation propose des programmes ciblés et les National HIV Counselling and Testing Guidelines, 2024 fixent des normes de confidentialité et de soin sans jugement. Les activistes, dont Venkatesan Chakrapani, estiment qu'il faut supprimer les obstacles et garantir la dignité pour que les personnes trans ne soient pas forcées de choisir entre survie, identité et traitement. Ce reportage a été soutenu par une subvention de la Thakur Foundation et produit par le Global desk de SciDev.Net.
Mots difficiles
- auto‑identification — Reconnaissance du genre par la personne elle-même
- contrôle — Examen ou vérification par une autorité ou médecincontrôles
- stigmatisation — Traitement négatif ou discrimination envers un groupe
- versement — Somme d'argent donnée régulièrement à quelqu'un
- lacune — Manque ou insuffisance dans des documents ou serviceslacunes
- confidentialité — Protection des informations personnelles et privées
- interruption — Arrêt temporaire d'un service ou d'un traitementl'interruption
- résistance — Perte d'efficacité d'un médicament contre un agent
Astuce : survolez, mettez le focus ou touchez les mots en surbrillance dans l’article pour voir des définitions rapides pendant que vous lisez ou écoutez.
Questions de discussion
- Quelles conséquences sociales et sanitaires peuvent avoir les retards de paiement pour les personnes trans, selon l'article ?
- Quelles mesures concrètes pourraient améliorer la confidentialité et la formation du personnel dans les centres de soins ?
- Comment concilier vérifications administratives et respect du droit à l'identité pour les personnes trans ?
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